Un jeu de sonorité qui me fait sourire depuis longtemps.
Mais il est surtout une manière de rendre hommage à l'association Le Rire Médecin.
Chaque fois que je vois ces artistes pousser la porte d'une chambre d’hôpital dans un reportage, un documentaire, quelque chose se serre et s'ouvre en même temps dans mon cœur.
Ils ne viennent pas promettre la guérison.
Ils ne viennent pas nier la douleur.
Ils viennent rappeler à un enfant qu'avant d'être un malade, il est encore un enfant.
Je trouve cela bouleversant.
Parce que je crois profondément que certaines présences soignent sans avoir besoin de guérir.
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J'ai parfois pensé que devenir thérapeute impliquait une certaine gravité.
Parler des blessures.
Comprendre les traumas.
Explorer les mécanismes de défense.
S'intéresser au système nerveux, aux émotions, aux relations, à la spiritualité.
Tout cela est vrai.
C'est une part essentielle de mon accompagnement.
Mais il m'a fallu du temps pour comprendre qu'une autre part de moi était tout aussi indispensable.
J'aime rire.
J'en ai profondément besoin.
Pas comme on s'accorde une parenthèse entre deux choses sérieuses.
Comme on respire.
Comme on ouvre une fenêtre dans une maison devenue trop étouffante.
Aujourd'hui, je sais que le rire fait partie de mes ressources les plus précieuses.
Il participe à mon équilibre.
À ma régulation.
À ma manière de revenir vers la vie.
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Je m'intéresse beaucoup à la théorie polyvagale.
Elle me montre combien notre système nerveux cherche sans cesse la sécurité.
Lorsque nous nous sentons en sécurité, notre respiration change.
Notre regard change.
Notre voix change.
Notre corps retrouve du mouvement.
Et il y a quelque chose qui accompagne souvent cet état...
Le rire.
Bien sûr, un fou rire ne guérit ni un traumatisme, ni un deuil, ni une dépression.
Mais il peut parfois remettre suffisamment de vie autour de la souffrance pour qu'elle ne prenne plus toute la place.
Cette nuance est essentielle.
Je ne cherche pas à enlever la souffrance de la vie.
Je cherche à remettre suffisamment de vie autour de la souffrance pour qu'elle ne prenne plus toute la place.
Je crois que c'est aussi cela, prendre soin.
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Parmi les œuvres qui m'accompagnent depuis longtemps, il y a Kaamelott.
On rit énormément.
Puis, presque sans s'en apercevoir, la série nous emmène ailleurs.
La solitude.
La fatigue.
La responsabilité.
Les blessures.
La dépression.
Alexandre Astier ne choisit jamais entre la gravité et l'humour.
Il laisse les deux exister ensemble.
Comme dans la vraie vie.
C'est sans doute pour cela que cette série me touche autant.
Elle me rappelle que les éclats de rire ne trahissent jamais les larmes.
Ils leur permettent parfois de respirer.
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Je pourrais dire la même chose de Louis de Funès.
Pas seulement parce qu'il me fait rire.
Parce qu'il célèbre une forme de joie.
Une joie physique.
Une joie du mouvement.
Une joie presque enfantine.
Et puis il y a les Monty Python.
Leur humour absurde me rappelle que le monde devient parfois tellement sérieux qu'il faut le regarder de travers pour retrouver un peu de liberté.
L'absurde n'est pas l'opposé de la profondeur.
Il en est parfois le chemin le plus direct.
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Il existe une phrase que j'aime beaucoup :
« Un artiste est un enfant qui a survécu. »
Je ne sais pas qui l'a écrite.
Mais elle m'habite.
Peut-être parce que je suis convaincu que nous portons tous en nous un enfant qui continue obstinément à chercher l'émerveillement.
Un enfant qui rit encore devant Louis de Funès.
Qui connaît des répliques entières de Kaamelott.
Qui éclate de rire devant l'absurde des Monty Python.
Qui s'arrête devant un coucher de soleil.
Qui écoute une chanson jusqu'aux larmes.
Je crois que cet enfant mérite d'être protégé.
Pas seulement parce qu'il est fragile.
Parce qu'il est vivant.
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Dans mon métier, je rencontre souvent des personnes qui souffrent.
Parfois depuis très longtemps.
Je ne leur proposerai jamais de rire pour oublier.
Ce serait une violence.
En revanche, je crois que lorsque le rire revient, même timidement, il nous dit quelque chose.
Il nous murmure que la vie recommence à circuler.
Qu'une fenêtre s'est entrouverte.
Que l'air revient.
C'est peut-être cela que j'aime tant dans le travail du Rire Médecin.
Ils ne retirent pas la douleur.
Ils remettent de la vie à côté d'elle.
Et je crois que nous pouvons tous faire cela, chacun à notre manière.
En chantant.
En marchant.
En contemplant un paysage.
En créant.
En aimant.
En partageant un repas.
En regardant Kaamelott pour la dixième fois.
Ou en riant jusqu'à en avoir mal au ventre.
Parce qu'au fond, prendre soin de soi ne consiste peut-être pas seulement à comprendre ses blessures.
Peut-être cela consiste-t-il aussi à ne jamais laisser mourir en soi celui qui est encore capable de s’émerveiller.
Pendant longtemps, j'ai cru que prendre soin de soi consistait surtout à comprendre ses blessures.
Aujourd'hui, je crois que c'est aussi apprendre à nourrir ce qui nous remet en vie.
Le rire n'efface ni les deuils, ni les traumatismes, ni les périodes de doute. En revanche, il peut rouvrir une fenêtre, remettre du mouvement dans le corps, de l'air dans la respiration, de la lumière dans une journée devenue trop lourde.
Je ne cherche pas à enlever la souffrance de la vie.
Je cherche à remettre suffisamment de vie autour d'elle pour qu'elle ne prenne plus toute la place.
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Stephen Porges – Théorie polyvagale
Les travaux de Stephen Porges m'ont beaucoup aidé à mieux comprendre les liens entre sécurité intérieure, émotions et régulation du système nerveux.
https://www.polyvagalinstitute.org
Le Rire Médecin
Une association qui intervient auprès des enfants hospitalisés. Leur engagement me touche profondément et a inspiré le titre de cet article.
Alexandre Astier
Pour découvrir ou redécouvrir son univers, dont Kaamelott est, à mes yeux, une magnifique alliance d'humour et de profondeur.
https://www.alexandre-astier.com
Kaamelott
Si vous ne connaissez pas encore cette série, je vous envie presque. Derrière son humour se cache une réflexion très fine sur la solitude, le pouvoir, la dépression et l'amitié.
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Qu'est-ce qui, dans votre vie, vous remet en vie lorsque tout semble devenir un peu trop lourd ?
Y a-t-il un film, une musique, un livre, un paysage, une rencontre, une personne ou un souvenir qui vous aide à retrouver votre capacité d'émerveillement ?
Si vous souhaitez prolonger cet échange, je serai heureux de découvrir vos réponses.
Écrivez-moi à cvnarts.asso@gmail.com
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Artiste et thérapeute